2 janvier 2008
2008: Résolutions et nouveaux joujoux
Je ne suis pas fana des résolutions annuelles, premièrement parce que je ne connais personne qui passe au travers (et je ne serai probablement pas meilleure qu'eux) et parce que je suis parfaite, ou presque. Cependant, lorsque je regarde l'état de ma cuisine, en ce 2 janvier, après moult repas gastronomiques du temps des fêtes à domicile, je me dis que quelques bonnes intentions sont de mise... Je sais que la tradition veut que tout commence le 31 à minuit, mais bon, j'étais définitivement trop pompête à ce moment précis pour résolutionner.
1) Je tenterai de faire la vaisselle à tous les jours
2) je ferai de moi une Rachael Ray et userai et abuserai du garbage bowl
3) je recevrai plus souvent pour les repas et accepterai que les invités participent à la vaisselle
4) je mangerai plus de veggies, toujours plus de veggies, et boirai plus d'eau, toujours plus d'eau
Et maintenant les nouvelles plus amusantes: mes nouveaux outils de cuisines, mes joujoux, mes bijoux, pour faire des chocolats, des crèmes brûlées, des spätzle(s):
les moules à chocolat que ma mouman m'a rapporté de France...

une fourchette et autre objet metallique pour piger les truffes dans leur bain de chocolat

ma super râpe à spätzle(s)

et un petit brûleur qui a failli flamber ma chère mouman

Je promets de les utiliser. Et d'en faire part sur ce blog. Un jour. Probablement pas demain.
1) Je tenterai de faire la vaisselle à tous les jours
2) je ferai de moi une Rachael Ray et userai et abuserai du garbage bowl
3) je recevrai plus souvent pour les repas et accepterai que les invités participent à la vaisselle
4) je mangerai plus de veggies, toujours plus de veggies, et boirai plus d'eau, toujours plus d'eau
Et maintenant les nouvelles plus amusantes: mes nouveaux outils de cuisines, mes joujoux, mes bijoux, pour faire des chocolats, des crèmes brûlées, des spätzle(s):
les moules à chocolat que ma mouman m'a rapporté de France...
une fourchette et autre objet metallique pour piger les truffes dans leur bain de chocolat
ma super râpe à spätzle(s)
et un petit brûleur qui a failli flamber ma chère mouman
Je promets de les utiliser. Et d'en faire part sur ce blog. Un jour. Probablement pas demain.
Montréal, 15 sous zéro
Encore une fois, hier, Montréal s'est endormie sous une épaisse couche de sucre en poudre. Légère et douce, la neige tombait féeriquement sur nos tête, promesse d'une nouvelle année remplie de magie et de bonheurs imprévus. Aujourd'hui déjà, les rues ne sont plus blanches mais grisonnantes et sales, mais les gens sont heureux, encore en congé, les fêtards sont fatigués mais repus et souriant. Moi, je suis dans un café, et je regarde par la fenêtre une voiture de police stationnant dans un espace parcomètré sans payer, les enfants si emmitouflés qu'ils ne peuvent ni chialer ni gesticuler de protestation devant leurs parents; j'observe les pigeons, tellement gelés qu'ils sont incapables d'accomplir leur fameuse dance du cou, les bus chargés et lents. Je bois mon chocolat chaud et je trouve Montréal drôlement belle: une dame rigole car elle a les deux pieds emprisonnés dans un banc de neige, un enfant sourit, la neige du toit, soufflée par le vent, volant sur son visage, un homme marche à reculons pour faire dos au vent sans voir les piétons qui tentent de l'éviter. Moi, je suis au chaud, j'écoute Eyes de Rogue Wave en boucle depuis une bonne heure, et je suis contente car je sens que 2008 sera une belle, très belle année. Ouais, une très belle année.
29 décembre 2007
Truffes aux épices
Miracle! De la ganache!
Refroidie pendant 1 heure au fridge, la ganache devient plus maniable, à la douille ou à la parisienne, pour faire de petits tas. Les petits tats refroidis 30 minutes au fride deviennent plus maniables pour en faire de "belles" boules, qu'on peut rouler dans le cacao en poudre. Je suis toujours aussi nulle qu'avant pour faire des bouboules. Mais P?%#?N qu'elles sont bonnes!
Midnight Snack: Ouff... je me sens paffff!
200g de nouilles soba au thé vert (Miss Lawson demande de les couper en deux ... pourquoi????)
le fond de ma main de flocons de wakame (algues qu'on utilise surtout dans la soupe miso)
1 t. de tomates cerises, coupées en deux (pourquoi??? ... non je blague)
1,5 t. de bébé-épinards bien nettoyés, bien égouttés
1 avocat, coupé en dés
graine de sésame pour décorer (je n'avais pas envie de vider complètement mon garde-manger pour les trouver, alors je m'en suis passée, mais ça pourrait être bon)
Pour la vinaigrette:
2 cuil. à soupe de sauce soya légère
1/4 t. de vinaigre de riz
1,5 cuil. à soupe de mirin (un vin de riz doux et sucré)
2,5 cuil. à thé d'huile de sésame
un peu de gingembre râpé (moi j'adore, alors j'abuse)
1 cuil. à thé de gomashio (mélange de sésame et de sel, ma petite touche personnelle)
i pincée de poivre sansho (mon autre touche perso)
Alors on cuit les nouilles, coupées en deux ou non, dans une grande quantité d'eau bouillante. Miss Lawson conseille, pour une meilleure cuisson, d'ajouter une tasse d'eau froide, de refaire bouillir, de rajouter de l'eau froide et de continuer comme ça jusqu'à ce que les nouilles soient al dente; j'ai plus ou moins discerné une différence avec la méthode habituelle, sans chici, mais bon, je reste ouverte....
On rince bien les nouilles à l'eau froide, car c'est une salade froide, et que les nouilles vont prendre en "tapon" si on n'agit pas bien vite. On réserve.
On fait tremper les flocons de wakame dans l'eau, une cinquaine de minute.
On prépare la vinaigrette en mélangeant tous les ingrédients. Cette étape est très délicate. Faites attention, hein. Vous pouvez rater toute la recette si vous n'êtes pas vigilant.
On mélange la moitié de la vinaigrette avec les nouilles. On brasse délicatement, pour ne pas briser les vermicelles. On ajoute le wakame égoutté, et les légumes, puis le reste de la vinaigrette. 4 entrée. 3 lunchs. 2 bons repas.
Il m'en reste encore pour le souper d'aujourd'hui. Fabuleux. Je ne suis pas une grande fana des restants, mais puisque je suis trop pafff pour faire quoi que ce soit, je ne vais pas me plaindre.
...
C'est bien le temps des fêtes, c'est bon pour le moral au début, mais, petit à petit, les débalancements physiques nous rattrappent et on se lève le matin, les yeux pouffis, la bouche sèche, les jointures coincées, l'estomac passé à la moulinette et les intestins bornés, et on se demande si les douze prochains mois seront suffisant pour se remettre en forme. J'ai commencé 2007 avec un mal de crâne et l'année fut infecte. Cette année, je me tiens proche du jus de canneberge et loin des hommes. 2008 sera merveilleux.
Libellés :
cuisine asiatique,
midnight snacks,
nouilles et pâtes
12 décembre 2007
Nostalgie gourmande: gâteaux aux fruits de Jehane (merci S.)
"S. voulait que tu aies ça, car tu es la seule qui saura bien l'utiliser!." Et j'ai eu cette masse dans mes bras, lourde des raisons qui l'ont ammenée chez moi, mais aussi pleine de surprises d'un monde culinaire si différent du mien: La Nouvelle Encyclopédie de la Cuisine de Madame Jehane Benoit.
Tous les ans, nous fêtions la veille de Noël avec Sylvie. Cette année sera notre première fois sans elle depuis un bon bout de temps. Dans un petit moment d'appréhension, j'ai ouvert ma nouvelle bible à la recherche d'un petit remontant, quelque chose qui mettrait un peu de l'esprit de S. dans mes préparatifs. Pas nécessairement un plat dont elle raffolerait (S. était bien difficile), seulement prouver que je suis digne du cadeau qu'elle m'a donné. J'ai sauté par dessus la recette d'écureuil, les écureuils montréalais étant plus rusés que des siciliens déshonorés et j'ai opté pour le grand classique christmassien, le gâteau aux fruits (modifié, bien entendu, je reste moi-même...)
Ingrédients
1/4 tasse de mince meat (déjà préparé, acheté en pot à l'épicerie, je ne me casse pas la tête)
1/4 tasse de rhum (peut-être 1/2 ... nahh, toute une tasse je crois)
2 tasses de beurre
2 tasses de sucre non raffiné
6 oeufs battus
1,5 tasse de sirop d'érable (Jehane demande 2 tasses de mélasse ... beurk)
4 tasses de farine blanche non-blanchie
3 tasses de farine de blé entier (il faut que ce soit santé tout de même)
1 cuil à thé de poudre à pâte
1/2 noix de muscade rapée
1 cuil. à soupe de cannelle
1 cuil. à thé de clous de girofle moulus
On fait d'abord trempé les fruits et le mince meat dans le rhum, au moins 24 heures. On brasse de temps en temps pour qu'il y ait de l'alcool partout partout partout.
Le lendemain...
Four à 250 F, et c'est parti!
On crème le beurre et le sucre, à la mixette électrique (on se garde du jus de bras pour la fin, parce que ça va être rough). On ajoute les oeufs battus, un peu à la fois, puis le sirop d'érable.
On tamise tous les ingrédients secs. On en ajoute un peu au mélange d'oeufs et on alterne avec les fruits, en mélangeant bien à chaque fois. Et oui, ça commence à être dur dur vers la fin. On pense que tout est bien mélangé et puis, oups, on découvre un énorme "spot" de farine sèche dans le fond du bol et on recommence... et là le biceps commence à faire mal.
Bon en ce qui concerne les moules, personnellement j'en ai rempli deux à pains rectangulaires et un carré (21 cm par 21 cm). Jehane nous conseille de ne les remplir qu'aux trois-quarts ainsi que de les taper sur le comptoir pour éliminer les poches d'air. On faire cuire tout ça pendant trois heures (on fait quand même le test du cure-dent, le temps d'une petite sieste. On fait refroidir les gâteaux dans leurs moules sur une grille. Je les ai personnellement arrosé d'un peu de rhum, puisque je veux les conserver pour les semaines à venir. Hummm ... de vrais petits bijoux. Je dois vous avouer que j'ai déjà mangé la moitié du gâteau carré, seulement pour voir si c'était bon....
Mes petits bijoux sont maintenant enveloppés dans du coton fromage et du papier alu. Avec ben du rhum dedans.
4 décembre 2007
Oh pardon!
Bien que le 25 ne soit que dans trois semaines, gastronomiquement parlant, Noël se prépare à l'avance: biscuits, gâteaux aux fruits confits et maisonnettes en pain d'épices demandent préparation et dur labeur. Maintenant que j'y pense, 21 jours c'est pas beaucoup pour faire tout ce que j'aimerais faire. Pour l'instant, deux soupers en vue, un pour le boulot et un pour les amis, et j'ai du pain sur la planche. Il me semblait avoir commencé vendredi dernier avec une "batch" de Viennese Crescent Holiday Cookies modifiés mais j'ai eu la mauvaise idée d'en apporter au boulot et chez mon poupa (bien mangé, poupa?!?!).
Chaque année je prépare les biscuits à la farine d'avoine que ma mère préparait il y a très, très, très (très) longtemps. Un de mes "runners". Aucune idée de la provenance de la recette mais ce sont probablement mes préférés. Une recette hyper simple, que je modifie selon ce que j'ai sous la main, qui rapporte gros, j'en congèle la moitié, une fois les biscuits refroidis, dans un bon vieux ziploc, et je les décongèle deux jours après parce que, et ben, je ne peux pas m'en empêcher...
4 oeufs
1,5 t. de sucre
1 t. d'huile végétale non-goûteuse (canola)
2,5 t. de farine tout usage
1 cuil. à thé de poudre à pâte
3 t. de flocons d'avoine (pas du gruau instantanné!)
0,5 t. de raisins secs
1 t. de noix roties, hachées
Je mets en général n'importe quelle farine (kamut, épeautre, blé, quinoa). Éviter les farines de lentilles par contre, jamais essayé mais mon instinct me dit...euh... non. Et pour le sucre, je remplace souvent par de la cassonade ou du sucre non raffiné.
J'omets les raisins et change de noix selon ce qui se présente à moi (amandes, noisettes et aujourd'hui, noix du brésil).
Alors on bat les oeufs et on ajoute sucre et huile. Et on bat encore un peu beaucoup. On ajoute la farine tamisée avec la poudre à pâte, et ensuite l'avoine, les raisins et les noix s'il y a. On fait des petites boules avec deux cuillères et on dépose sur des plaques bien huilée et farinée, ou parcheminée ou siliconée (comme les miennes!). Aujourd'hui, la production s'étend à 50 cookies. Et puis on cuit 15-20 minutes au four à 300 F. Personnellement, je les aime croustillants, alors j'étire le temps de cuisson.
Ma partie préférée lorsque je fais des biscuits: les placer dans une belle assiette, empilés les uns par dessus les autres, et admirer mon oeuvre. Le tout sans m'empiffrer. Dur, dur, dur...
(ouff... ça ne paraît pas trop qu'il en manque 2 ... 3 ... peut-être plus)
Avec un grand verre de lait, devant la télé, à regarder "A Charlie Brown Christmas", c'est le plus beau début de temps des fêtes...
Et encore une fois pardon de m'être absentée aussi longtemps. En fait, je me demande pardon à moi-même d'avoir abandonner aussi longtemps ce pur bonheur qu'est la science de la marmite. On oublie parfois ce qui nous fait le plus de bien.
14 juin 2007
Fleurs de zucchini, golden gazpacho, croûte au four et retour sur ma quête
Je n'ai toujours pas expliqué ce que j'ai finalement fait de mes fleurs de zucchini. Dans le même bouquin de Mario Batali dont j'ai parlé précédemment, Molto Italiano, j'ai trouvé une recette de fleurs de courgettes avec chèvre et sauce de tomates jaunes. Pas d'éclaboussante friture, en plein mon genre de recette!Donc pour une vingtaine de fleurs, on me demandait:
1 tasse de chèvre mou
2 oignons verts
1/4 cuil. à thé de muscade
un oeuf
sel et poivre
Mélanger le tout dans un bol et en farcir les fleurs.
Et pour la sauce aux tomates
500 g de tomates jaunes
1/4 tasse d'huile d'olive
un peu de vinaigre balsamique blanc (dans le livre, vinaigre de vin rouge, mais j'ai pensé que du balsamique blanc ferait l'affaire, sans risquer de modifier la couleur du mélange)
basilique
Réduire le tout en purée et passer au chinois. J'ai préféré ajouter le basilique une fois la sauce terminée, pour pouvoir voir la petite chiffonade verte flottant dans son bain d'or.
On fait revenir les fleurs à la poêle dans un peu d'huile d'olive et on sert avec la sauce. On sert de suite. Ce fut en fait mon petit-déjeuner de l'autre jour, plus long que des toasts à préparer mais beaucoup plus satisfaisant. On y perd un peu le goût de la fleur, alors ma recherche de la technique parfaite pour cuire ces fins légumes n'est pas terminée!


Je ne sais pas q'elle était la grosseur des fleurs de Batali, mais j'avais deux fois trop de farce et encore un bol de sauce non-utilisée à la fin de la recette. Rien ne se perd, rien ne se perd, dans la cuisine de Pooz. Je vois souvent Josée di Stasio faire des croûtes au four avec un mélange d'oeuf et de fromage, alors je me suis dit que cette farce ferait très bien l'affaire. Effectivement, se fut délicieux. Et le reste de sauce??? Le mélange me faisait penser à un début de gazpacho, avec trop d'huile d'olive. Alors j'y ai ajouté une tomate et un poivron jaune grillées et, tadam, une magnifique soupe glacée parfaite pour l'été


......
Passons aux choses sérieuses, mes truffes choco gingembre wasabi : j'ai finalement récolté assez de réactions sur ma concoction et je crois bien que ma quête de la truffe parfaite n'est pas terminée (aucune quête ne semble se terminer ces temps-ci). Sur les trois personnes qui n'ont absolument rien goûté sauf le chocolat, 3 sont de gros fumeurs (ah, ces fumeurs). Pour les autres, ils ont tous goûté le gingembre et ressenti la note épicée sans pour autant déterminé qu'il s'agissait de wasabi. Tous ont apprécié (ou semblent avoir apprécié) ma truffe, mais je suis à la recherche d'un succès plus évident. Dur dur la vie...
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quête de la truffe parfaite
12 juin 2007
Quand il me prend l'envie de redevenir italienne ...

J'ai fait l'achat il y a quelques temps du bouquin Molto Italiano de Mario Batali et ça m'a donné envie de me replonger dans les saveurs vibrantes de la cuisine italienne.
Mon père vient de la Sardaigne, une île de la Méditerranée, juste au sud de la Corse: la cuisine y est beaucoup plus épurée que dans le Nord de la patrie: des viandes et poissons simplement grillées mais succulentes, et une montagne de légumes frais du jardin. À la maison, nous ne mangions pas de pâtes si souvent, pas de veau alla parmigiana et jamais de pizza. Mes parents servaient des viandes cuites à même la braise du foyer, des salades à en perdre la tête et d'autres légumes qu'aucun enfant normalement constitué n'aimerait: radicchio amer, rapini, feuilles et tiges de pissenlit, endives ... Nous faisions notre vin, évidemment, nos artichauts et aubergines marinés, des saucisses, mon père chassait la viande et pêchait le poisson, le potager grandissait... Aujourd'hui, mon papa se lance aussi dans la production de cidre maison, de fromage et de vinaigre. Pour moi, c'est tout cela la cuisine italienne, c'est prendre part dans la nourriture au plus proche de la source, c'est comprendre l'aliment pour savoir quand le transformer et quand le laisser tranquille. C'est savoir que les goûts se développent avec le temps et que connaître à fond ce qu'il y a dans notre assiette est le meilleur moyen d'apprécier totalement l'expérience gourmande. Pour moi, la cuisine italienne est une mémoire, celle de mon père répétant ce qu'il a vu et mangé dans son enfance, c'est celle de ma mère qui s'est construite avec les années, incorporant sa propre vision et son manque d'intérêt pour la popote compliquée quotidienne. C'est aussi ce que j'en fais aujourd'hui, c'est tout mon rapport à la nourriture. C'est l'intérêt que j'ai porté à tout ce qui se cuisine dans le vert/blanc/rouge, au-delà des frontière régionales et des chicanes de village.
Revenons chez moi. J'ai ouvert le congélateur pour y trouver un paquet de saucisses que j'avais faites avec mon père. Malgré la chaleur de cette journée de juin (oui, le beau temps est revenu à Mourial) je me suis lancée dans la fabrication d'une assiette totalement italienne, avec mes saucisses, de la polenta et une poêlée de dandelion en ruban. Josée di Stasio me tape généralement sur la rotule, mais j'adore sa cuisine simple et colorée: elle avait préparé dans une émission des tronçons de saucisse sautés avec de petits raisins rouges, comme ça, sans artifice (peut-être de l'ail, mais non merci pour moi). De mémoire, j'ai tenté de reproduire la difficile concoction. J'ai ajouté des graines de fenouil: mon père n'est pas très fort la dessus dans la saucisse)J'ai aussi utilisé sa méthode de polenta au four pour cuire ma semoule: les proportions habituelles, 1 tasse de semoule (fine cette fois-ci) et trois tasses de liquide (bouillon de poulet organique cette fois-ci), 45 minutes à 400 F. Une fois cuite, Josée y avait mis du lait je crois (????) mais je n'ai que du lait de soya, alors j'ai incorporé à la mixture une grosse cuillérée de crème sûre (pas très italien, je sais, mais il faut être souple et inventif parfois, sortir des sentiers battus, l'authenticité est une illusion). Delicioso.
Pour mes légumes (et pour revenir à Mario), j'ai suivi une de ses recettes pour tout légume vert feuillu: il fait revenir de l'ail (que j'ai troqué pour un petit oignon, comme j'ai dit précédemment, l'ail, non merci) et des anchois (que j'ai troquée pour de la pâte d'anchois) pour faire tomber ensuite les légumes (pissenlit dans mon cas, c'est le printemps, j'en profite pendant que ça passe). Léger pressage de citron sur le tout. Sublime. Tout simplement.

Le tout a finalement terminé dans un tupperware, direction boulot. Ce soir, non seulemen je suis fière d'être italienne, mais je suis fière de pouvoir cuisiner comme une vraie mamma.
11 juin 2007
Printemps
Magnifique printemps, gourmande saison qui nous enivre de fraîcheur et de brillantes couleurs. Que j'adore me promener au marché ces temps-ci, et y trouver des bottes et des bottes d'herbes aromatiques, de verdures craquantes et succulentes. Les gens y reviennent, après des mois d'absence, comme à un rendez-vous qu'on attend depuis longtemps. L'hiver, le marché appartient à quelques férus de bouffe et d'escapades alimentaires. L'été, les terrasses sont remplies de vieux amis, engloutissant sandwich saucisse/choucroute, cafés au lait et glaces aux fruits divers. Même au coeur de la semaine, les marchands ne savent plus ou donner de la tête. Sacs de tissus à la main, le porte-feuille bien ouvert, les clients sont émerveillés de ce que la nature leur apporte enfin, appréciant finalement la délicatesse des pois frais après des mois de sacs congelés. Tout d'un coup, un tas d'idées viennent en tête, des souvenirs de vieilles émissions de cuisine, des conseils de la vieille belle-mère, et nous salivons déjà en pensant au souper qui nous attend.
Têtes de violon, asperges, petits pois, fleurs de courgettes: les légumes saisonniers avancent, un après l'autre, pour nous divertir pendant quelques temps. Et on s'empresse d'y succomber avant qu'ils disparaissent. De petits plaisirs temporaires qui restent gravés en bouche, nous faison souhaiter de suite le printemps prochain.
Aujourd'hui, je me suis laissée aller dans les fines herbes. J'ai redécouvert le basilique thaïlandais, sa saveur acidulée et mentholée que j'adore avec des crevettes. Contrairement à d'autres qui utilisent les herbes pour souligner le goût d'un aliment, je prépare parfois des plats en essayant de ne mettre en évidence que le bouquet de feuilles vertes ajoutées. J'aime traiter ces herbes comme des légumes à part entière, comme des laitues qu'on mange tout simplement, accompagnées d'une légère vinaigrette. Rien de mieux qu'un taboulé pour savourer un bouquet de persil ou une limonade ou nagent des tiges de feuilles de menthe.
Pour mon petit sauté thaïlandais, j'ai fait suer un oignon, des pois mange-tout taillés en biais et une moitié de poivron rouge dans un poêlon, avec un peu de nuoc mam, d'huile de sésame et de gingembre rapé. Je déteste les crevettes trop cuites, alors, lorsque je jette les crevettes dans le mélange, j'arrête le feu et laisse la chaleur du métal faire son travail. Puis j'ajoute les nouilles de riz bouillantes qui terminent la cuisson. Mes crevettes restent ainsi toujours juteuses. Deux bonnes poignées de basilique thaïlandais, un spouch de jus de lime, et le tour est joué.
Maintenant, je dois trouver la recette parfaite pour mes fleurs de zucchinis: fascinant aliment, mais je ne réussis jamais à en retirer le maximum. Je continue de m'accrocher à mes souvenirs de fleurs de zucchinis farcies et frittes que je dévorais en Italie; un jour peut-être, je pourrais me régaler de ma propre confection.
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